Les mots aussi peuvent mourir

marseille objectif DansE, la Friche la Belle de Mai
2009




Tchakèla (en Bembara, creuser la terre), est un projet développé entre 2009 et 2011 dans le cadre d’une résidence alternée entre le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia de Bamako et marseille objectif DansE. Le processus d’exploration chorégraphique de Barbara Sarreau, initié avec des apprentis danseurs en 3ème année au C.A.M.M, est ponctué de moments de visibilité, créations aux formes variables nourries au fil de résidences, au Mali comme en France. Le 28 avril 2009 à Bamako, les apprentis danseurs accompagnés par Virgile Abela, Lionel Briot, Adama Dramé, Jean-François Laporte et Barbara Sarreau présentaient au public, à la presse et aux instances culturelles et touristiques locales une première série de performances dans un lieu atypique, les Quartiers d’Orange, friche vouée à devenir un pôle culturel et économique au Mali.

De retour à Marseille, Barbara Sarreau présentait le 9 juin une première étape du travail mené à Bamako grâce à cinq montages vidéo relatant l’univers dans lequel elle avait placé les interprètes à différents moments de son séjour : dedans, dehors, au conservatoire, en appartement, aux Quartiers d’Orange. Ces projections sur petits écrans proposaient d’entrer dans l’intimité de sa recherche pendant qu’un danseur évoluait sous sa directive, comme dans un atelier d’écriture, avec un vidéoprojecteur pour miroir astigmate. La présentation s’était alors conclue par une table ronde, discussion libre avec le public et des professionnels autour de sa proposition.

A la suite de cette présentation Barbara Sarreau a continué son écriture autour de la marche en traversant pendant plusieurs mois, des expériences, des parcours yeux fermés, dans divers contextes urbains, ce qui l’a amenée à développer des Etudes. De ce travail sont nés d’autres mots pour définir sa recherche, mots qu’elle expérimente toujours entre la France et le Mali autour de la notion de frontières, jusqu’à cette 2ème étape que constitue la création de la première pièce issue du projet Tchakéla ; LES MOTS AUSSI PEUVENT MOURIR.



Participants au projet Tchakèla 2009 - 2011 :

bande son et montage vidéo Virgile Abela (France), teinturier-peintre Pierre Blanchard (France), photographe Lionel Briot (France), acrobate danseur Fodé Camara (France), technicien peintre Gothaman Ciacia (Mali), technicien Wallace Diallo (Mali), performeur Steven Di Girolami (France), musicien Adama Drame (Mali), photographe Jean-Louis Elzard (France, auteur Michel Fadat (France), costumier acteur Régis Godot (France), danseurs Awa Kebe, Aboubacar Kone, Mamoutou Kone, Mariam Moussa Kone, Hamadou Sanogo, Dramane Sidibe, Alhassane Soumare, Djessou Tounkara (C.A.M.M, Mali), compositeur et interprète Jean- François Laporte (Canada), danseuse Bérengère Michel (France), Marisol Rodroguez (Colombie), vidéauteur Patrice Rossignol-Gicquel/ Givr (France), éclairagistes Françoise Rouan, Jean Tartaroli (France), costumière Sarah Veillon (France), impression numérique Quadrissimo / Sam Assedo (France), administration Marie-Christine André, développement de projets Isabelle Sage



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Aujourd’hui,
À travers TCHAKELA, et deux résidences entre Bamako et Marseille,
Je confronte la spécificité de ma langue à celle de l’autre,
Dont naît une écriture chorégraphique singulière,
Trouvant une nouvelle orientation vers l’épure du geste.

De cette expérience, la rencontre est belle
Etre danseur n’est pas seulement une passion, c’est aussi une route
Je sillonne encore et toujours les grandes aires de ce corps
Comme d’autres courent sans fin le monde.
Et avec eux, celui-là ou icelle, je trouve le lieu entre la lenteur et la mémoire.

Comment du non spectaculaire, le geste touche ?
La marche impose son passage et dessine l’espace des corps
Pour visiter la relation propre à leur histoire et aussi à la nôtre
Marseille - Bamako...

LES MOTS AUSSI PEUVENT MOURIR
Première approche solos - duo
Pose ma danse au travers de ces corps-danseurs d’ici et d’ailleurs.

Simplement, il s’agit d’une danse que je cherche à re-trouver
Une danse qui se fait oeil-caméra et qui tente de capter un hors-cadre
Dans un paysage où l’on se confronte à la vie.

C’est de là, ici et maintenant
Que je vous parle
L’immobilité n’est pas un simple arrêt
Elle construit ou reconstruit l’être dans son espace-temps
D’où le corps se transforme

L’homme peut être animal
Tout autant qu’il puisse conserver son instinct

Barbara Sarreau, Marseille, août 2009